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| Janvier 2007 (Ianuarius MMDCCLX a.u.c.) |
P. Memmio Albucio
praeside
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Salvete Omnes, Les Satires sont comme une eau fraîche en plein été : délassante et
revigorante à la fois. Dans un style vif et corrosif, Decimus Iunius Iuvenalis, né en 45,
dresse un portrait décapant d’une Rome impériale qui nous semble bien
proche.
D’une famille aisée, Juvénal illustre cette
plebs togata qui s’appauvrit.
Il vit seul, est sobre, court par force la sportule le matin,
plaide au forum diverses affaires puis passe son temps libre au théâtre ou à
composer, et à observer les moeurs de la rue.
Il se méfie des femmes, de la philosophie et des homosexuels. Il méprise
les Grecs et toutes les nations orientales conquises par Rome.
Ce stoïcien, qui dénonce les religions importées et les affranchis
enrichis par l’Empire, meurt en Egypte vers 129, exilé pour avoir déplu à un
proche d’Hadrien.
Les satires nous dessinent la Rome surpeuplée des misérables et des milliardaires,
de la fange, de la prostitution et de la promiscuité. Dans cette Rome
où tout se vend, les esclaves arrivent d’Orient en masse. Selon le lieu
de leur origine, ils se spécialisent alors dans les « métiers » et occupations
diverses. Chacun veut survivre et sa place au soleil. |
« Aude aliquid brevibus Gyaris et carcere dignum, si vis esse aliquid.
Probitas laudatur et alget. Criminibus debent hortos... » nous conseille
Juvénal [Ose quelque saloperie digne des îles Gyaros et du cachot.
L’honnêteté claque des dents sous les bravos. C’est le crime qui procure les
domaines...]. (sat. I, v. 73-75) L’éloquence, chère aux vieux romains et qui naguère nourrissait son citoyen,
est désormais inutile : « Cicero nemo ducentos nunc dederit nummos,
nisi fulserit anulus ingens » [Personne ne donnerait aujourd’hui deux
cent sesterces à Cicéron s’il ne brillait des feux d’une énorme chevalière](sat.
VII, v. 139-140). Comme le précise l’excellent traducteur, Olivier Sers, dans son
introduction magistrale, « la violence de Juvénal est dans ses sujets,
la nuance dans sa langue».
Adepte du mot juste, Juvénal fait mouche dans une langue poétique maîtrisée
avec une élégante décontraction.
Il tient à la fois du polémiste brillant et d'un Cartier-Bresson du 1e
siècle. Juvénal est un aigle. Et un vrai honnête homme. Juvénal, Satires - Les
Belles Lettres - collection bilingue Classiques en poche - 2e éd.
2005 - prix éditeur Publius Memmius Albucius |
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© Quirites 2007
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