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| Janvier 2007 (Ianuarius MMDCCLX a.u.c.) |
P. Memmio Albucio
praeside
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J’ai préféré m’attarder ici sur les bases de la divination et sur ses rapports avec la religion et la mentalité romaines. A Rome, la divination est omniprésente. Sans doute léguée par les Etrusques, elle couvre à la fois le domaine public et le domaine privé. I. Devins « privés » et devins publics En matière privée, la plus grande liberté est de mise : devins itinérants, prophètes, magiciens, haruspices, augures, etc.. Pour les affaires publiques existent trois types de devins : - Les Augures Selon les Anciens eux-mêmes, le terme d’« augure » vient de avis
gerere (« observer les oiseaux »).
Le Collège des augures décrypte les signa impetrativa, - Les Quindecemviri sacris faciundis Ce collège de quinze membres - deux avant Sylla - procède, à la demande du Sénat, à la consultation des Livres Sybillins et décrypte les signa oblativa, c'est-à-dire les signes qui se produisent spontanément, sans demande humaine (prodigia). Le collège doit alors indiquer les rites nécessaires au rétablissement de la pax deorum.
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- Les Haruspices Le terme d’haruspice vient de haru spicere, « examiner les entrailles ». Car l’haruspice examine les organes internes des victimes sacrificielles, procédant à l’extispicium pour savoir si les dieux acceptent la victime qui leur est offerte (litatio). Si les organes présentent des anomalies, c’est que les dieux la rejettent, et il convient alors de leur offrir d'autres victimes (instauratio). II. Sens de la divination La divination à Rome n’a pas un but prophétique, du moins au sens habituel du mot. Ainsi, la durée de douze siècles promise à Rome par les douze vautours aperçus par Romulus, rappelée par Sidoine Apollinaire dans un vers célèbre, et qui s’est vérifiée à trente ans près, ne livre pas la clef de son avenir mais l’inscrit simplement dans le cadre de la durée promise aux cités et aux nations, selon une coutume étrusque. Les Etrusques, pour leur part, jugeaient la leur devoir durer dix siècles. La divination n’est pas le moyen de prédire l’avenir, mais celui de décrypter l’organisation de l’univers, et s’assurer que l’entreprise humaine n’est pas en contradiction avec elle. A Rome, la construction d’un pont est ainsi, comme le dit Roger Caillois (« Cases d’un Echiquier »), « un subterfuge sacrilège qui, comme tel, compromet l'ordre du monde et qui ne saurait qu'attirer un terrible châtiment sur son auteur, sa famille, sa nation, (...) [qui], par son essence, porte atteinte à une secrète et inextricable économie, où il n'est rien qui ne se tienne et ne se compense. (...) ». Car la pensée religieuse romaine est cohérente, et repose sur une conception philosophique de l’univers. La divination permet alors aux hommes de contribuer à restaurer l’ordre perturbé du monde. (à suivre) Lucius Rutilius Minervalis |
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© Quirites
2007
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